L'art de la dégustation

Et oui, c'est tout un art de goûter un vin !
Je vais quand même démystifier l'affaire...

* A éviter absolument : fumer, boire du café, se parfumer, repas lourd, être en extérieur, endroit bruyant.

* Ordre de dégustation : blanc sec, rosé, rouge, liquoreux.
Un blanc sec parmi des rouges apporte aussi de la fraîcheur.
Du + jeune au plus vieux.

* Tout d'abord, ouvrir la bouteille au moins 1h avant la dégustationCela permet de sentir le vin, (et éventuellement de changer de bouteille si mauvaise surprise) et si le vin est "jeune", (moins de 5 ans) de l'aérer et de réveiller les arômes. Le côté "alcooleux" se dissipera aussi.
Pour les vins très jeunes ou "fermés" (on ne sent rien), utilisez une carafe, c'est encore mieux.
(choix de la carafe, voir plus bas)

Attention à la température
Pour un rouge : servir à environ 16°, 18°,

pour un rosé, blanc sec ou liquoreux : très frais, frigo ok.

Choix du verre : 
Pas de verre en plastique, ni à moutarde : un verre "tulipe" avec un pied.
La base ronde permet au vin de respirer, les bords resserrés gardent et restituent les arômes.
Tenir le verre par le pied (la base ou la jambe), pour ne pas réchauffer le vin.

VerserNe pas remplir complètement le verre, sinon les arômes ne se dégagent pas : le remplir au tiers au maximum.
Utiliser de préférence un bec verseur ou un stop goutte (ou drop stop).




* Regarder la couleur : 
Pour deviner son âge : plus la couleur est claire, (blanc ou rouge) plus le vin est jeune. Et inversement, un vieux vin rouge sera "tuilé" = marron, un vieux vin blanc sera ambré.
On regarde aussi sa brillance et sa limpidité, signes de "bonne santé".
Certains regardent aussi les "larmes" ou "jambes", en remuant très légèrement le verre : si le vin coule doucement en laissant des traces épaisses = vin sucré, alcooleux, puissant.



* Sentir les arômes :
1er nez : sans remuer le verre, on cherche les familles d'arômes : fruité, boisé, floral...
2è nez : on remue le verre : les arômes se réveillent, s'offrent.
On peut reconnaître des arômes précis (violette, chocolat, poivre, cuir..) ou plus flous (fruits rouges, noirs, confiturés, macérés, agrumes, fleur blanche, sous bois...)
Pour les arômes, chacun a sa propre bibliothèque olfactive et ses propres références. Donc pas d'affolement si vous ne sentez pas comme votre voisin ou si vous sentez autre chose. Si c'est confus, si beaucoup d'arômes arrivent, on parle de "nez complexe".
Pour un vin vieux, on parlera de bouquet, les arômes ayant évolué.



Si le vin est trouble, ne sent pas bon : il y a des chances qu'il ait un problème, ne vous forcez pas à le goûter.

* Goûter ! (enfin !)  Au moins 2 gorgées. 
1ère gorgée, je "mâche" le vin : je le fais passer partout dans la bouche pour apprécier son acidité, son amertume, son onctuosité, ses tanins.
2ème gorgée : je le garde en bouche plus longtemps. J'apprécie alors sa "longueur en bouche" : le temps que le goût reste dans la bouche, après l'avoir bu ou craché. On la compte en secondes ou caudalies.

Ensuite, c'est selon les goûts de chacun : on peut aimer le vin jeune ou plus mature, boisé ou fruité, épicé ou pas, sucré ou sec...
On peut adorer les arômes sentis et être (très) déçu par son goût, ou l'inverse.

Cracher ou pas ? ça dépend...
Vous visitez un grand cru très cher, vous allez goûter 1 ou 2 vins hors de prix, vous pouvez avaler.
Vous mangez en même temps (pain, fromage..) : idem.
Vous êtes à une séance de plusieurs dégustations et vous reprenez le volant après : mieux vaut cracher, quitte à ensuite, vraiment déguster votre préféré.

Entre chaque dégustation, pensez à boire de l'eau (neutre et hydratant) et manger du pain (neutre et permet de se "rincer" la bouche).

Attention de ne pas être influencé par un nom, un millésime, une AOC, un prix, en bien ou en mal. 
Certains m'ont raconté des "blagues" faites à des soi-disant connaisseurs : verser une piquette dans une bouteille à l'étiquette très honorable, ou prétendre faire goûter un "petit vin pas cher" alors que c'était un "grand vin".
J'ai personnellement goûté un Pauillac classé 2009, imbuvable, car "réduit" (manque d'aération pendant la vinif') ce qui lui donnait une odeur de chou et un goût immonde, encore après plusieurs heures d'aération.
Et je faisais, je le reconnais, un certain blocage sur les Médoc 2007 et 2008, et j'en ai goûté un de chaque année, dernièrement, que j'ai appréciés...
Dans la rubrique "mes cadavres exquis", je vous donne mes coups de cœur à partir de 5 € !

2 types de carafes :
* la carafe à "vin jeune" à la base large, afin que le vin respire, et au goulot évasé, pas besoin de bouchon ; ou un grand verre à carafer.
On parle de "carafer" un vin, la veille ou quelques heures avant de le boire.

   

* la carafe à "vin vieux", petite base, goulot fin, bouchon.
On parle de "décanter" un vin : on le verse doucement dans la carafe en guettant les lies (dépôts naturels) à éliminer.
A faire 1h maximum avant de le boire.



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